ASTERCENTER - articoli internazionali

La Cité astrologique à venir
par Jacques Halbronn

En écoutant l'enregistrement  d' une heure, datant d'il y a très exactement 25 ans - un quart de siècle! -  d'un colloque que nous avons organié à Lyon à la fin mars 1984  (voir teleprovidence hebdo n°16 de cette fin mars 2009), l'on prend conscience des problémes qui se posaient pour unir le milieu astrologique.

25 ans plus tard, où en sommes-nous de nos réflexions concernant l'organisation de la Cité astrologique? Entre temps,  il y a eu l'ère des Guides astrologiques et celle des Minitels, Forums, Salons,  puis celle de la télévision astrologique....Mais qu'en a-t-il été au niveau  des relations entre astrologues?

Plusieurs fédérations virent le jour dès les années 1984-1985 - dont la FEA de Denise Daprey, que l'on entend s'exprimer sur l'enregistrement en question, en passant; dix ans plus tard, par  le RAO et  la FDAF.Pendant ce temps, le MAU a poursuivi sa route depuis son lancement en 1975...

En écoutant nos propos de 1984,  nous concluons à un manque doctrinal, à savoir la possibilité de proposer une astrologie qui unifie et réunisse non pas sur les "bases" traditionnelles mais bien sur les fondements originels.  Mais notre pensée politique veut que l'on ne rassemble qu'autour d'un projet nouveau et cela vaut  dans le domaine linguistique comme dans le domaine religieux (voir nos textes parus sur le site grande-conjonction.org, sur 26 numéros, dans ces domaines).  C'est ainsi que les Hébreux ne se rassemblérent, sous Moïse, qu'autour de nouvelles lois qui encadraient d' anciennes coutumes. souvent disparates mais que l'on ne pouvait totalement éliminer.

Face à la diversité des pratiques astrologiques, la seule solution que l'on puisse retenir est celle d'une super-astrologie qui coiffe les multiples astrologies, d'une astrologie "centrale"; "duelle",  fondamentale, sur laquelle toutes sortes de pratiques et de techniques pourraient éventuellement se greffer.

Evidemment, les mauvais coucheurs objecteront que l'astrologie que nous proposons n'est qu'une méthode de plus, qu'elle est "notre" vision des choses. A moins de parler d'une "révélation", tombée du ciel,  on ne voit pas vraiment pas comment  une nouvelle structure unifiante  ne viendrait pas de quelqu'un!  

Il ne s'agit pas, comme d'aucuns voudraient nous en faire le procés, de réduire l'astrologie au modéle de l'astrologie 4 étoiles mais d'en faire le fer de lance de l'Astrologie, accepté et reconnu par tous, astrologues comme non astrologues. A partir de cet accord,  libre à chacun d'affirmer la valeur de sa pratique, des techniques qu'il utilise, plus ou moins justifiables scientifiquement, plus ou moins axées sur des données astronomiques solides....

"Unifier le mouvement astrologique" (tel est le nom même du MAU!), c'est donc entrainer les astrologues vers de nouveaux horizons à explorer; qui ne sont en fait qu'un retour aux sources, tant l'histoire est cyclique.

En revanche, la position fort  répandue (voir le "pot astro" avec Robert Jourda et Yvette Molllier-Giroux, à Lyon, en novembre 2008, sur TPH 16) de s'en tenir aux "bases" de l'astrologie ne nous semble pas tenable. Elle est plus un probléme qu'une solution tant de telles bases sont sclérosées et branlantes, même si elles incarnent une certaine orthodoxie (doxa). Comme nous l'avons dit,  il n'y a pas d'unité sans renouvellement, sans exploration de nouvelles perspectives.

L'astrologie ne progresse guère. Ce n'est pas parce que l'on aura ajouté quelques facteurs supplémentaires que l'on pourra parler d'une réforme qui passe toujours par des abandons et des renonciations et non par l'accumulation. On pourrait comparer l'astrologie actuelle à une télévision datant d'il y a cinquante ans mais comportant de nouveaux programmes. Il ne suffit pas de faire évoluer le contenu, il convient aussi de repenser, de revoir le "design", la forme.  Les gens n'ont pas de nos jours les mêmes appareils qu'il y a même quelques années. Que l'on ne vienne donc pas nous dire que le "public" ne "suit' pas quand on innove! Or c'est ce que nos interlocuteurs de novembre dernier ne cessaient de répéter: "vous allez  faire perdre à l'astrologie sa clientéle attitrée!" si vous lui proposez autre chose que ce à quoi elle s'est habituée.  Affirmer l'unité des astrologues autour d'un tel impératif commercial  nous apparait comme

 assez pathétique!

On nous a reproché l'accent mis sur la dualité mais penser la dualité est incontournable et nous dirons que les astrologues sont les gardiens de la dualité et tout autre division ne peut se placer qu'en aval, qu'il s'agisse des 4 Eléments, des 12 signes, des 12 maisons ou des 10 (?)  planétes. On nous a traité de misogyne parce que nous refusions les illusions actuelles.(voir notre discussion à Avignon, en cette fin mars 2009,  avec Françoise Robin et Eric André, également dans TPH16) : les hommes et les femmes ne sont pas interchangeables, si les hommes qui se respectent  - ceux qui ne sont pas aliénés par une pratique corruptrice - sont porteurs des concepts, les femmes, quant à elles,  sont "porteuses" d'une culture au sein de laquelle elles ont à appliquer les dits concepts. Une femme qui n'appartient pas à une culture ne peut mener à bien sa tâche d'intégration. Mais il est clair aussi que toute intégration d'une donnée au sein d'un ensemble contribue à rendre flou le profil de la dite donnée. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre: intégrer un savoir n'est pas le  valider!  Le terme même de reconnaissance est singulièrement ambigu car il passe par le mimétisme et toutes sortes d'accomodements qui n'ont pas  grand chose à voir avec une démarche épistémologique.

Le grand drame de l'astrologie moderne et aussi les piéges de l'Histoire de l'astrologie tiennent au fait que l'on confond, délibérément ou non , la présence de l'astrologie au sein de telle culture et  celle de l'astrologie au sein du monde scientifique, ce qui n'a pas grand chose à voir. Seuls les astrologues qui pratiquent la politique de l'autruche peuvent croire un instant que le fait de faire accepter l'astrologie au sein d'une société donnée, à des titres divers plus ou moins flatteurs,  dispense de faire la preuve de sa valeur scientifique. Or, l'on voit beaucoup d'astrologues faire l'amalgame entre ces deux enjeux!

En pratique, il nous semble d'ailleurs que le dialogue est relativement plus facile - même si cela peut sembler paradoxal, au regard de nos positions - avec les femmes qu'avec les hommes. Pour une femme, en effet, son instinct la conduit à se renouveler au contact des hommes, à y puiser une énergie. Pour un homme, en revanche, la constance, la continuité sont des valeurs essentielles, il n'est pas censé s'ouvrir à l'autre mais puiser en lui-même. C'est pourquoi, les rapports avec les hommes sont plus durs, plus graves car quelque part, le modéle du mâle dominant  est crucial.  Tout se passe comme si les hommes devaient s'entretuer pour que le vainqueur féconde l'ensemble des femmes, ce qui est sous jacent à la polygamie. Le milieu astrologique actuel offre une forme de polygamie en ce que les hommes y sont minoritaires mais qu'en plus ils sont en rivalité de fait les uns avec les autres pour prendre la tête du troupeau!

Néanmoins, entre eux, les hommes partagent des valeurs, des principes mais  ils se différencient trop souvent  de par leur ancrage dans des "pratiques" qui sont en fait  des soumissions  à des groupes/clientéles de femmes qui se fient à tel ou tel.  C'est ainsi que l'on comprend que paradoxalement certains hommes s'appuient sur 'leurs" pratiques, tant ils ont besoin d'une cour de femmes adeptes. Il serait hautement préférable qu'ils passent de la verticalité (hommes vers les femmes) à l'horizontalité (hommes à hommes), c'est à dire qu'ils prennent conscience qu'ils ne s'imposeront que par l'unité alors que les femmes sont  vouées, de toute façon, à la multiplicité, un homme pouvant féconder un nombre quasi infini de femmes pendant le temps (9 mois) où une femme n'accouchera  que d'un seul enfant.... C'est le principe même de l'étalon, chez les chevaux de race, avec la saillie, mais le mot étalon est utilisé au figuré (étalon or; étalonage). Les hommes doivent donc idéalement converger vers un seul  et même étalon. On ajoutera que les femmes ont moins conscience de l'importance des femmes que les hommmes des femmes du fait que  leur apport est très ponctuel et peut même passer inaperçu. On sait que certaines civilisations n"avaient même pas conscience du rôle des hommes dans la procréation:!  Cela explique que les femmes aient un sentiment illusoire d'être des totalités individuelles en minimisant ce qu'elles reçoivent des hommes et qui est de nature subtile. Une fois cet apport masculin reçu, la femme n'a plus besoin, du moins pour un temps, de l'homme, elle peut s'en passer tant le dit apport est dense mais aussi abstrait, quasiment invisible, sous une fotme inachevée, embryonnaire, foetale. A contrario, comment l'homme pourrait-il ignorer non pas l'importance de telle femme en particulier mais des femmes en général; à moins d'en rester au stade des concepts.

 A ce propos, certains astrologues, comme Patrice Guinard - du moins si nous avons bien compris sa pensée - nous parlent, à juste titre, d'une perception astrologique ne passant pas par une pratique mais qui reléve de que l'on pourrait appeler  la conscience conceptuelle. Expliquons-nous:  c'est tout un art- un don -  que de capter le même concept derrière ses multiples manifestations/ Nombreux semblent être ceux qui en sont incapables: cela revient à saisir les récurrences, les déclinaisons, à partir d'une seule et même "racine", comme on peut le faire en linguistique, quand on capte les causalités, les dérivations, les conjugaisons. La langue est une école qui nous enseigne que quelques mots clés suffisent à irriguer la parole, par des transformations (suffixations, préfixations) mais certains s'attachent à apprendre chaque mot comme une entité isolée. Ce sont là deux approches qui trahissent deux modes de fonctionnement (cerveau  droit/cerveau gauche). L'horizontalité implique une convergence et c'est a priori le rôle des colloques, des conventions, des congrés. La verticalité passe par une transmission de haut en bas et c'est le le lieu des consultations et des enseignements magistraux.

Il est des astrologues  qui sont par trop marqués par la verticalité. Ils ont, au cours de leur carrière, fort peu fréquenté les colloques d'où un certain déséquilibre dans leur appréhension égocentrée  de la vérité astrologique. C'est à cette tentation qu'il convient de résister, le plus longtemps possible, car cela a des effets cristalisants, qui bloquent, à un certain moment, la capacité d'innovation masculine tant il est vrai que les femmes sont avides d'un savoir achevé, abouti! Il ne faut pas céder à ce chant des sirénes!  On dit que les grands esprits se rencontrent : nous sommes persuadés que des hommes capables de se détacher des "résultats"  de leurs pratiques pour oeuvrer ensemble vers une astrologie épurée, ayant retrouvé  transparence et cohérence, pourraient s'entendre, par delà les applications souvent illusoires  dont ils peuvent se targuer. En effet, celui qui pratique, ce n'est pas tant l'astrologue mais

 son client/éléve.sans lequel aucune pratique ne ferait sens. Il convient de ne pas trop attendre d'une telle coopération "verticale" entre l'astrologue et ceux qui le "suivent" car  le seul apport du client/éléve consiste à donner du sens, de la chair au squelette conceptuel (voir notre brochure 'L'astrologue face à son client", traduit en anglais par Geoffrey Dean, et que l'on trouve sur www.astrology-and-science.com) et le fait qu'il y parvienne ne saurait remplacer ou remédier à l'incohérence théorique. L'unité ne peut venir que d'une "involution", d'un retour, d'une remontée vers la source. En dernière instance, le supermodéle que nous préconisons doit sa légitimité au niveau théorique, à chacun de l'appliquer à sa guise!

26.03. 09

Jacques Halbronn
(Conseil Supérieur de l'Astrologie Française, CSAF)

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