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Il nous semble qu'un grave malentendu existe quant
au rôle de la théorie et de la pratique en astrologie
en ce cens que tout se passe comme si l'on avait inversé
les enjeux.
Il y a probléme, ainsi, quand on entend des praticiens
déclarer qu'ils ont "vérifié"
telle ou telle méthode, telle ou telle notion au point
de refuser de vouloir y renoncer par la suite.
Expliquons-nous : le praticien n'a pas vocation à
dire que quelque chose "marche" mais bien plutôt
que quelque chose ne marche pas.
En effet, le fait que "ça marche" est une
condition nécessaire mais pas suffisante. Savoir donc
que ceci ou cela marche n'est pas le nec plus ultra, sans appel
mais simplement qu'il n'y a pas de contre-indication majeure
au niveau de l'application.
Mais cela n'empêche nullement que ce qui est ainsi
testé - et testable- ne soit ultérieurement mis
en cause du fait d'un défaut de conception, d'une incompatibilité
avec tel ou tel critère. Et dans ce cas, le fait qu'il
y ait eu un satisfecit au niveau de la pratique ne suffira
pas à maintenir indéfiniment son utilisation.
Il y aurait abus de pouvoir de la part des praticiens à
vouloir poursuivre une application qui a été
dénoncée en amont pour vice de construction,
quand bien même les effets négatifs éventuels
ne seraient pas immédiatement perceptibles et manifestes.
Le cas de Pluton, soulevé notamment par Françoise
Ruaud (fondatrice du forum lune soleil) est emblématique
d'un tel débat. Cette astrologue vendéeenne-(que
nous avons interviewé récemment pour teléprovidence)
soutient ainsi que Pluton a pu correspondre à une certaine
époque quand il est apparu en tant que planéte
du systéme solaire et que son "régne"
peut devoir se terminer 75 ans plus tard, environ, dès
lors que les astronomes l'ont disqualifiée en tant que
planéte comme cela avait été le cas au
début du siècle dernier pour l'intra-mercurielle
Vulcain (connu aussi sous le nom d"'objet Lescarbaut"),
qui intéressa les astrologue des décennies durant,
jusqu'à la seconde guere mondiale (voir les premiers
Cahiers Astrologiques d'Alexandre Volguine, à la fin
des années Trente)
En effet, ce n'est pas parce que les praticiens de l'astrologie
ont su intégrer Pluton dans le thème de leurs
patients que Pluton se retrouve indéracinable ad vitam
aeternam!
La seule chose que les dits praticiens ont prouvé,
c'est que l'on pouvait se servir de Pluton dans l'interprétation
astrologique, non pas que l'on devait absolument le faire.
C'est ainsi qu' un Jean-Pierre Nicola, dans les années
soixante (Nombres et formes du Cosmos) tenta de démontrer
qu'il y avait nécessité théorique à
l'existence de Pluton et la pratique n'a pas contesté
la possibilité d'user de Pluton.
Maintenant, imaginons que pour diverses raisons théoriques,
épistémologiques, scientifiques, le recours à
Pluton ne soit plus considéré comme souhaitable,
est-ce à dire que l'on ne pourrait faire machine arrière
sous le prétexte que les praticiens s'en sont emparé
et ont validé son "action", son "rôle",
sa "fonction.? Nous pensons que ce serait là outrepasser
tout à fait le cahier de charge des praticiens de l'astrologie
et c'est précisément ce qui se passe.
Inversement, ce n'est évidemment pas parce que telle
notion n'est pas utilisée par des praticiens qu'elle
doit être abandonnée ou négligée
: on pense notamment aux étoiles fixes, largement tombées
en disgrâce. Est-ce aux praticiens de l'astrologie de
statuer sur l'usage ou le non usage des fixes?
Il conviendrait que nos praticiens fussent plus modestes
dans leurs affirmations tant positives que négatives
en rappelant que le verdict négatif ne vaut que selon
un scénario, un protocole bien précis et qu'un
autre protocole pourrait tout à fait déboucher
sur d'autres résultats. Le praticien dira que "ça
" ne marche pas mais il ne faudrait pas jeter le bébé
avec l'eau du bain: une autre formulation pourrait être
plus concluante.
Autrement dit, le vrai débat en astrologie est théorique
et le praticien n'est là que pour s'assurer d'une certaine
viabilité du projet avec les moyens, limités,
qui sont les siens. Car que dire de ses procédés
de vérification? Ils sont souvent bien fantaisistes
et dans le cadre d'un thème natal, comme le note Françoise
Ruaud, on peut toujours rendre compte de tel résultat
par divers moyens et donc sans recourir au dernier gadget mis
sur le marché astrologique.
Certes, certains modéles se sont imposé dans
la pratique : on pense à l'importance accordée
à l'axe des noeuds dont tant de praticiens,de nos jours,
ne sauraient plus se passer. Est-ce à dire qu'il est
désormais impensable pour l'astrologie de songer à
évacuer cette méthode "nodale"?
Comme dit le dicton: ce que Dieu a donné, Dieu peut
le reprendre. Nous dirons que ce que tel théoricien
de l'astrologie a pu élaborer, la théorie astrologique
peut le "reprendre", au vu de nouvelles réflexions.
C'est à l'armée ce que l'on appelle un contre-ordre
et tout soldat sait de quoi il retourne et qu'il serait tout
à fait inqualifiable de répondre à l'officier
"mais vous aviez dit ceci ou cela!". Le théoricien
a le droit de changer d'avis et de ne pas être prisonnier
des bonnes dispositions de ses subalternes lesquels ne sauraient
l'empêcher de progresser dans ses réflexions.
En revanche, si le praticien déclare que telle notion
ne "marche" pas, il est du devoir du théoricien
de "revoir" sa copie. Autrement dit, le refus du
praticien pése beaucoup plus lourd que son agrément.
Si je demande à un cuisinier si tel aliment peut etre
préparé et consommé dans des conditions
raisonnables, cela ne saurait m'interdire de décider
ultérieurement que le dit aliment devra être abandonné
et ce en dépit d'une certaine faisabilité. Et
si le cuisinier se plaint de s'être fatigué "pour
rien", eh bien tant pis!
En conclusion, nous dirons que rien de ce qui est pratiqué
et appliqué en astrologie n'est acquis une fois pour
toute. Un contre-ordre peut toujours arriver demandant au praticien
de cesser, de mettre fins à certaines façons
de faire ou de penser.
Si d'ailleurs, le praticien a un droit de veto par rapport
au théoricien et non un quelconque droit d'acceptation
définitive, de même le théoricien aura
un droit de veto sur des modéles, aussi largement appliqués
fussent-ils mais qui ne tiennent pas la route au regard d'une
certaine exigence de cohérence. Nous dirons que le théoricien,
là encore, a le droit de dire "non" mais pas
de dire "oui", une fois pour toutes, ce qui aboutirait
à valider définitivement telle ou telle pratique
astrologique.
Nous proposerons donc un nouveau modus vivandi au sein de
la "cité" astrologique, à savoir que
chacun a un droit de veto mais non un droit de validation si
ce n'est à titre temporaire. Et bien entendu, ce droit
de veto au niveau théorique ne saurait être revendiqué
que parmi les théoriciens de l'astrologie, c'est à
dire ceux qui savent argumenter à ce niveau tout comme
le droit de veto au niveau pratique ne peut être revendiqué
que par des praticiens patentés, selon une certaine
divison des pouvoirs.
Dès lors, c'est dans ce va et vient entre deux "vétos"
- et l'on en a des exemples entre les deux chambres de nombre
de parlements tant en France, en Angleterre qu'aux USA - que
l'astrologie pourra avancer. Ce qui importe, c'est de dire
"non" bien plus que "oui", le non permet
de repenser un dossier, le oui conduit à l'enlisement.....
22. 02. 09
Jacques Halbronn (Conseil
Supérieur de l'Astrologie Française, CSAF)

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