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Les Grecs avaient compris qu'il existait un cycle
des régimes politiques. Quand on observe de près
la façon dont fonctionnent les "démocraties",
l'on est amené à constater qu'il y a un temps
pour la démocratie qui est celui des périodes
électorales et un temps pour l'autocratie qui est celui
qui se situe entre deux élections. Un tel systéme
est assez exemplaire à ce détail près
qu'il se fonde certes sur un constat empirique quant à
l'existence d'une telle dualité mais qu'il s'articule
sur un calendrier assez fantaisiste. Il est vrai que le seul
calendrier que nous connaissions de nos jours, en contact avec
la Nature, est annuel.
En tant qu'astrologues, nous devons militer pour l'adoption
d'un autre calendrier qui dépasse un tel cadre annuel
mais qui ne soit pas seulement numérologique comme le
sont les calendriers électoraux. Or, il n'existe pas
actuellement de consensus, parmi les astrologues, à
ce sujet, d'où la juxtaposition et le croisement d'une
infinité de calendriers, puisque chaque cycle sous tend
un calendrier.
La crise actuelle aura démontré que l'Humanité
est placée devant un dilemme: soit respecter une hémérologie
inadéquate, soit ne pas la respecter. On a vu récemment
qu'en Israel un Premier Ministre démissionnaire n'en
avait pas moins pris l'initiative, quelques jours avant la
date de nouvelles élections, de déclencher une
guerre, ce qui n'est pas vraiment un exemple de démocratie,
au sens strict du terme; Y aurait-il finalement faillite d'un
tel systéme? Aux Etats Unis, l'arrivée sous 48h
d'un nouveau Président n'a pas empêché
le gouvernement américain sortant de gouverner jusqu'à
la dernière seconde dans le respect rigoureux d'un calendrier
électoral séculaire et auquel il n'est pas question
de changer un iota. Quant à l'Union Européeenn,
sa présidence tournante de six mois nous apparait comme
un gadget qui n"obéit à aucun fondement
scientifique. Au départ, d'ailleurs, l'astrologie n''était
probablement pas mieux lotie car toute configuration cyclique
est arbitraire et adopter toutes les configurations possibles
est-il une solution?
Mais la supériorité de l'astrologie sur tout
systéme numérique/numérologique tient
au fait que l'astrologie fauit appel aux sens, et notamment
à la vue, donc à l'organisme, tandis que le nombre
déconnecté de toute corporéité
reste une donnée virtuelle, qui ne peut être enregistée
par notre organisme. Cela vaut d'ailleurs pour les astres invisibles
qui sont tout aussi virtuelles de par le fait qu'ils échappent
à notre oeil. D'où l''extréme importance
de la luminosité, du déplacement de points lumineux.
Nous dirons que la conjonction correspond à la campagne
électorale, elle exige de nombreux déplacements
et implique de nombreuses références au passé;
A contrario, ce que nous appelons disjonction est plus favorable
aux périodes intercalaires entre deux élections.
Si l'on organise des élections en période disjonctionnelle,
il ne faut pas s'attendre à une grande mobilisation
car le temps n'est pas venu pour mener un tel exercice, d'où
une certaine mauvaise volonté des électeurs.
Inversement, il est grave que des élections n'aient
pas lieu en période conjonctionnelle et cela peut conduire
à des subversions des équipes en place. En France,
l'on peut dissoudre l'Assemblée Nationale, ce qui permet,
en principe, de tenir compte de l'évolution des esprits..
Autrement dit, en phase disjonctionnelle, les peuples tendent
à céder le pouvoir à un homme providentiel
alors qu'en période conjonctionnelle, les dits peuples
veulent contrôler le pouvoir, ils souhaitent en tout
cas une grande proximité sur le terrain avec leurs dirigeants
qui n'ont pas intérêt à rester dans leur
tour d'ivoire. Ainsi, en phase disjonctionnelle, on peut ramasser
le sceptre du pouvoir si l'on est rusé tandis qu'en
phase conjonctionnelle, l'accés au pouvoir exige toutes
sortes de conditions liées à l'Histoire et à
une forte présence en de nombreux lieux...
En quittant la conjonction pour la disjonction, on glisse
insensiblement de la démocratie directe à la
démocratie indirecte et finalement confisquée
par une oligarchie.

En ce qui concerne le calendrier des réformes annoncées,
il est souhaitable que l'on distingue le temps des programmes
sur le papier et celui de leur mise en oeuvre, qu'il convient
de repousser à la période disjonctionnelle, faute
de quoi l'on s'expose à de graves manifestations dont
on aurait pu faire l'économie en attendant un peu plus
le passage de la puissance à l'acte.
Une des élections les plus étranges aura été
celle qui fit immédiatement suite à mai 68 et
qui fut le fait d'une dissolution, puisque l'Assemblée
avait été élue un an plus tôt. En
annonçant cette dissolution, De Gaulle réussit
à calmer les esprits mais aussi à obtenir une
assemblée à ses ordres, ce qui n'est pas sans
évoquer juin 1940, 28 ans plus tôt, quand le maréchal
Pétain réduisit à rien le Parlement.
En d'autres termes, les élections qui ont lieu en
phase conjonctionnelle sont beacoup plus représentatives
d'un large consensus actif que celles qui se déroulent
en phase disjonctionnelle et qui sont plombées par une
certaine passivité de la masse qui ne va pas jusqu'au
bout de sa dynamique Il est ainsi à parier que les élections
qui se dérouleront en 2012 tant en France qu'aux Etats
Unis n'offriront pas le même visage et ne devraient pas
favoriser les esprits démocrates. et proches de la base
à la façon d'un Obama mais il faut distinguer
l'Obama candidat et l'Obama président. En conjonction,
le pouvoir renoue avec sa "base" - la conjonction
est un noeud entre deux instances - tandis qu'en disjonction,
le pouvoir se détache de sa base.- la disjonction impliquant
la séparation entre deux instances incarnées
par les deux astres constituant e cycle, l'astre rapide étant
le leader et l'astre lent le peuple, la communauté...
19. 01. 08
Jacques Halbronn (Conseil
Supérieur de l'Astrologie Française, CSAF)

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