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Le
zodiaque et la précession des équinoxes par
Jean-Pierre Nicola
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Vous trouverez peu d'ouvrages sur l'histoire
de l'astrologie. Ils sont rares. A tel point que si vous disposez
de l'un d'eux dans votre bibliothèque, il pourrait disparaître
par enchantement. Les astrologues-astronomes, avant le XVIle siècle,
usaient du rationnel de leur science pour l'appliquer à
l'irrationnel de leur art, ont à moitié disparu
de nos dictionnaires. On n'en voit plus que l'émergence
astrométrique. Où sont passes les astrologues? II
faut un peu de perversité pour retrouver leurs cendres
sous de nouvelles définitions biographiques. Presque tous,
sous des plumes d'exorcistes, sont devenus "philosophes"...
Nos enfants et adolescents sont tendrement défendus contre
les mauvaises lectures. Sauront-ils jamais - à moins d'être
dévoyés - que Jérôme Cardan (1501-1576),
"philosophe, médecin
et mathématicien" selon
le Dictionnaire universel des noms propres, inventeur du dispositif
d'articulations qui porte son nom (le cardan) était astrologue?
En clair, le mécanisme ne devrait pas marcher... Pas plus
que les idées, découvertes, essais, d'autres "philosophes"
à la Cardan, ne devraient tenir la route...
On n'aura jamais autant bu, dit-on, que sous la prohibition.
Nos exorcistes, loin de supprimer les démons interdits
de la philosophie, ont provoqué un déferlement d'astrologies
tous azimuts, toutes tendances. Cardan a fait des petits... II
paraît tard pour arrêter la vague, réifier
les digues de la raison contre cet excès de philosophie.
Comble de menaces sur l'avenir nos barrières, leurs constructeurs
n'ont pas changé de méthodes.
Leur inefficacité démontrée par la prolifération
des associations
et écoles d'astrologie n'a toujours pas convaincu les
censeurs qu'il valait mieux ouvrir publiquement le débat
: informer réellement sur l'astrologie, son histoire, ses
hommes, ses différentes conceptions, au lieu de retenir
les cancres, les échecs, les aberrations
faciles à réfuter ; rappeler ce que l'astronomie
moderne doit aux précurseurs
astronomes-astrologues plutôt que se déshonorer
en leur prêtant des adjurations de dernière heure;
dire, avant qu'advienne le siècle éphémère
des Lumières, combien les astrologues et l'astrologie,
ni plus ni moins funestes que d'autres
croyances (le moins l'emporterait) ont été présents,
plutôt que d'en purger honteusement I'histoire ou l'écrire
à l'enseigne des dialectiques unilatérales. Parler
enfin du zodiaque des Signes et des constellations sans escamoter
le point de vue et la pratique des astrologues.
Ce que nous allons faire. Le propos de ce livre étant
les douze Signes, autant rappeler ce qu'ils sont par rapport aux
groupements d'étoiles qui portent les mêmes noms,
ce qui fait leur différence et quel phénomène
les a séparés dans l'esprit des hommes...
La
précession des équinoxes
Parmi les multiples articles de sociologie amusante que la
grande presse consacre à l'astrologie durant les périodes
de vacances et jours fériés, en décembre
85 L'Express se demandait encore s'il fallait y croire... En contrepartie
d'un article axe sur les astrologies symbolisantes, l'astrophysicien
Hubert Reeves, sans être un chasseur de sorciers, se laissait
dire : "Je ne suis pas convaincu qu'il y ait un rapport
réel entre l'astrologie et les astres. Par exemple, étant
né le 13 juillet, les astrologues me disent que je suis
Cancer. Ce qui devrait impliquer que le Soleil, à ma naissance,
se trouvait dans la constellation du Cancer. C'était vrai
il y a deux mille ans. Ça ne l'est plus aujourd'hui. A
ma naissance, le Soleil était dans les Gémeaux.
Ça me gêne, bien que l'on m'ait donné des
"explications".

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